Didi B, le nouveau “Big Boss” du rap ivoirien

0
1161

Didi B, membre du groupe ivoirien “Kiff No Beat” qui l’a fait connaître au public ivoirien et africain est la nouvelle signature du label 92i Africa, antenne africaine du rappeur Booba. C’est sous ce label que Didi B a signé son nouveau single “Big Boss”.

Dans cet entretien pour ESIMBI Magazine, l’artiste revient sur sa carrière, sa signature chez 92i Africa, son parcours et nous parle de ses futurs projets.

Propos recueillis par Kevin Sonsa-Kini. Interview réalisée à Paris.

ESIMBI Magazine : Vous êtes issu d’une famille d’artistes. Votre père Abou est producteur, votre mère est danseuse chorégraphe. Est-ce que tout petit, vous étiez déjà certain de percer dans la musique ?


Didi B : Non. Mais, quand j’étais petit, j’étais sûr d’évoluer dans le domaine de la musique. On ne peut être certain de rien. Je ne savais pas vraiment ce que j’allais faire mais j’étais persuadé d’évoluer dans le domaine artistique.

Vous avez effectué votre première expérience à l’âge de 10 ans aux côtés du chanteur Paul Madys pour sa chanson « Arrêtez ». Quels souvenirs gardez-vous de cette expérience ?


En fait, ce n’était pas ma première expérience mais plutôt la deuxième. Ma première expérience, c’était dans le clip de Meiway. J’avais 4 ans. Il avait fait une chanson contre le sida qui s’appelait « Death society ». On m’avait demandé de marcher, de faire semblant de pleurer… Avec Paul Madys, j’ai vécu ma plus grosse performance en tant qu’enfant. On m’a même invité à la télé. En plus, à l’époque, il y avait la guerre en Côté d’Ivoire et sa chanson “Arrêtez”, c’était pour dire d’arrêter la guerre en Côte d’Ivoire. Je connaissais par cœur les paroles de cette chanson. Du coup, mes parents ont contacté l’artiste car c’était un de leurs amis. Et j’ai participé à ce clip de Paul Madys en tant qu’acteur principal. Je me souviens même qu’à la télé, on m’a demandé ce que je souhaitais faire plus tard. Et moi, j’avais dit que je voulais être mathématicien (rires). Rien à voir avec ce que je fais aujourd’hui !

“De là où je viens, ce n’est pas facile de percer dans la musique.”

Didi B

Plus jeune, quels étaient les artistes qui vous ont donné envie de faire de la musique ?


J’adorais les artistes comme Meiway, Michael Jackson… J’aimais la scène, la façon dont ils se présentaient dans les clips. Ce sont surtout eux qui m’ont inspiré.

Vous avez formé en 2009 le groupe Kiff No Beat, quels souvenirs gardez-vous de ces années passées au sein du groupe ?

Ce sont surtout nos concerts. On a beau faire des sons en studio mais,
ce qu’on kiffait le plus, ce sont les concerts. On est allé aux MTV Awards, en Afrique du Sud, aux Afrima, au Nigéria… C’était une belle
expérience. Nos concerts en Afrique sont des souvenirs de malade ! Sans oublier nos shows en France, notamment à l’Olympia de Paris, au
MIDEM de Cannes et au Wanderlust à Paris.

Comment en êtes-vous venu à signer chez le label 92i Africa ?
C’est le label qui m’a contacté. Les gens du label ont aimé mes sons.
Ils ont trouvé que ça collait bien avec l’image de leur label. En même temps, moi aussi j’étais intéressé.


Vous avez sorti votre nouveau single « Big Boss ». De quoi parle cette chanson ?
Avec ce titre, j’ai voulu parler des gens qui ont de l’argent, des voitures… Comme on dit chez nous en Côté d’Ivoire, c’est le charo ! C’est-à-dire, faire le malin.

« Big Boss », c’est aussi un son qui montre ma vision de carrière. C’est-à-dire ce que je veux faire et vers où je veux aller. C’est un peu une ouverture pour moi. Je veux montrer ce que je sais faire d’autres.


Quel(s) regard(s) portez-vous sur votre carrière ?
Je suis quand-même fier de ce que je fais. De là d’où je viens, ce n’est
pas facile de percer dans la musique. Ce n’est pas évident de faire une
carrière internationale. Tu peux faire les efforts que tu veux mais, ça dépend de la chance et de l’énergie que tu mets dedans.
Moi, en tout cas, je suis content du tournant que prend ma carrière. Je
suis content aussi du professionnalisme qui m’entoure. J’espère encore
avancer.


Quelles sont les collaborations artistiques qui vous ont marqués ?
La collaboration qui m’a le plus marqué, c’est celle avec DJ Arafat
(décédé en août 2019). Avec lui franchement, c’était le feu.


Rêvez-vous de faire une tournée européenne ?
Bien sûr ! On travaille pour ça. J’ai hâte. Je suis optimiste (rires).

Photos : Zikom Agency.