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ESIMBI magazine: Qui est Frédéric Bukolé ? Parlez-moi de votre enfance ?

Frédéric Bukolé: Un comédien, humoriste, scénariste et réalisateur d’origine Congolaise. Une enfance assez mouvementée. Je suis née au congo, j’ai vécu à Mbuji Mayi jusqu’à l’âge de dix ans, avant de quitter ma famille pour les études en Europe. J’étais un petit garçon hyperactif, casse-cou. Fan de cartoons, de films d’action et de comédie, je passais mon temps à imiter mes idoles. (Jackie Chan, Bruce Lee, Eddy Murphy, Jim Carrey, etc …)

EM: Comment avez-vous commencé votre carrière de comédien ?

FB: Je crois qu’elle a commencé lorsque mon père m’a montré comment filmer avec sa grosse caméra à cassette VHS. Je devais avoir 6 ou 7 ans. Je demandais à ma mère de me filmer à faire l’idiot avec mes frères, puis on regardait et rigolait en famille. J’ai gardé cette habitude, et à mes 17 ans un ami m’a prêté un petit appareil photo numérique que je trimbalais un peu partout. Dès que j’avais une idée en tête, j’appuyais sur Rec. Je faisais mes montages sur Movie Maker et les montrais ensuite à mes proches lors des soirées familiales. Et c’est en 2008, bien avant que Youtube arrive, qu’une amie me dit « c’est génial ce que tu fais! Regarde, on est tous mort de rire, pourquoi tu les mets pas sur internet? les gens vont adorer!» J’ai donc posté une vidéo sur Dailymotion « la côte de porc halal » qui contre tout attente a fait un buzz incroyable! C’est là que des professionnels de l’audiovisuel m’ont fait comprendre que ce que je faisais depuis gamin était un métier. Certains voulaient collaborer avec moi mais je ne connaissais rien de ce milieu. Je me suis donc inscrit dans une école de cinéma à Paris et fait trois ans de cours d’art dramatique, afin d’apprendre les bases avant de me lancer sérieusement dans le septième art.

EM: Votre spectacle au comedy club en septembre 2018 était complet, comment avez-vous vécu ce succès ?

FB: Je suis un perfectionniste, et mes grandes ambitions m’empêchent parfois de prendre du recul pour voir ma progression depuis mes débuts. c’est plus les personnes de mon entourage qui me le font remarquer. Mais j’avoue que ce soir-là, voir cette salle que j’avais l’habitude de regarder qu’à travers l’écran de ma télé remplie! Avec mon affiche à l’entrée! Cela m’a fait quelque chose. Surtout que juste avant, en Janvier je jouais à l’Olympia aux côtés d’autres humoristes comme Donel jack’sman, Fary, Waly Dia, et Shirley Souagnon. J’étais ému parce qu’à dix ans, je faisais le show devant les élèves dans ma court de récréation. Aujourd’hui, c’est dans des salles mythiques que des personnes de tous âges se déplacent pour venir rigoler avec moi. Ça m’a rassuré sur le fait que je suis bien où je dois être, que je ne me suis pas trompé de chemin, et que je suis fait pour le show.

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EM: En 2013, vous avez fait une publicité nationale pour la marque Evian, était-ce le début d’une carrière de mannequin ?

FB: Mannequin?! pas du tout (mdr). J’ai juste passé un casting et je correspondais à la recherche. Apparemment, j’ai une tête qui inspire la sympathie donc les agences de publicités me contactent parfois pour des castings. Grâce à mes fossettes, j’ai pu travailler avec des boites comme la société général, volkswagen, la poste. Mais c’est claire que Evian c’était quelque chose! c’était la première fois que je faisais un shooting à l’échelle internationale. Et c’était amusant comme exercice parce que c’est le bébé qui menait la danse. Il passait en premier devant le photographe, puis je devais l’imiter. Je priais pour qu’il ne fasse pas des expressions faciales impossible à reproduire. En tout cas c’était une belle expérience. J’ai quelques bouteilles jamais ouvertes en souvenir (rire)

EM: Parlez-moi de la période Système D, quel souvenir en gardez-vous ?

FB: De très bons souvenirs, j’aime beaucoup ce personnage « D » car il me permet de lâcher ma folie imaginative en roue libre et totalement m’amuser avec mon esprit cartoons. Il n’y a pas longtemps, je me demandais même si je devais reprendre ce petit concept. Beaucoup d’internautes m’ont découvert avec SYSTÈME D, mais pour moi c’était juste un délire comme un autre. Il me manque quand même ce personnage décalé. Parfois je le regarde, je me dis « ouais je suis un mec bizarre quand même » (lol)

EM: Vous étiez dans la série Barbershop sur Canal plus, avec notamment le comédien Dycosh, qui était l’initiateur de ce projet et comment s’est passé le casting ?

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FB: Eh bien, ça faisait déjà un moment qu’on se côtoyait avec Dycosh. Ça nous arrivait de travailler ensemble sur certains projets. Puis un jour, il m’a parlé de Barbershop et du rôle qu’il aimerait que j’interprète dans la série « Aller retour » le racoleur du barber. J’ai trouvé le rôle intéressant étant donné que c’est un personnage un peu cartoons (tout ce que j’aime). Il m’a donc mis en contact avec les producteurs. J’y suis aller, j’ai passé le casting devant les producteurs comme tout le monde, et me voilà dans la peau de ALLER RETOUR.

EM: Vous avez fait un projet en Côte d’Ivoire, bientôt le Congo ?

FB: « Débloqués » une série dans laquelle j’ai commencé acteur et fini « acteur et auteur » à la saison 3. Franchement, j’aimerais créer un autre projet dans ce style pour tourner au Congo. Mes tiroirs sont remplis de synopsis, c’est sûr qu’un jour j’irai tourner sur la terre mère. C’est qu’une question de temps et de budget. Producteurs, j’espère que vous lisez ceci ( rires )

EM: Comédien, réalisateur et producteur, quels sont vos projets à venir ?

FB: C’est bien d’avoir plusieurs cordes à son arc, mais c’est aussi un problème quand il s’agit de se concentrer sur une seule chose. Mon objectif ultime serait d’être juste comédien. Je viens sur le plateau, je fais l’amour à la caméra et je rentre chez moi (rires). Les projets à venir… J’endosse un rôle principal dans une pièce de théâtre qui s’intitule « Trois semaines pas plus », une comédie écrite et mise en scène par Christelle Londero. Elle sera jouée en Martinique et Guadeloupe en Octobre, puis en Novembre et Décembre sur Paris. J’espère vous voir dans la salle. Je suis actuellement sur l’écriture d’une série que je développe pour TV5monde. Et je travaille sur mon spectacle pour une prochaine reprise en 2020.

EM: Quel conseil donneriez vous à un jeune qui souhaite se lancer dans la voie de la comédie ?

FB: Le premier conseil est qu’il soit sûr que c’est vraiment ce qu’il souhaite faire. Car aujourd’hui beaucoup veulent faire ce métier parce qu’ils ont vu une vidéo d’un mec qui danse nu sur une table et ça fait le buzz.(rires). Non, il faut savoir que ce n’est pas un métier facile, donc s’il faut se lancer, il faut être passionné et assidu dans le travail. Ne pas se laisser décourager. Si tu travailles dur, tu finis toujours par être récompensé. C’est une question d’endurance aussi. Il faut être authentique emmener son univers et ne pas reproduire ce que tout le monde fait déjà. Travailler sa créativité en se nourrissant des grands comédiens. Etre une éponge, accepter les critiques et se relever dans les moments d’échec. c’est là où l’on apprend le plus. Avancer à son rythme et ne pas être complexé en regardant ceux qui se développe plus vite. TU ES UNIQUE ET TON HEURE VIENDRA… Je ne suis pas encore arrivé à mon objectif donc je suis toujours gêné quand on me pose cette question… je ne sais jamais vraiment quoi répondre. Bref en un mot « TRAVAIL »