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Hiro : « La musique, c’est ma seule passion »

Hiro est à l’honneur dans cette édition spéciale mode. L’ancien membre du groupe Bana C4 qui s’est lancé dans la carrière solo depuis quelques années a sorti récemment son dernier album Afro romance dans lequel il a invité de nombreux artistes.

Dans cette interview accordée à ESIMBI Magazine, le chanteur nous parle de son dernier album, de ses projets et de la fondation Ozali à laquelle il œuvre en Afrique.

Propos recueillis par Tina Lobondi et Kevin Sonsa-Kini. Interview réalisée à Paris.

ESIMBI Magazine : Vous avez sorti l’album Afro romance le 28 mai dernier. Comment l’avez-vous préparé et pourquoi ce titre ?

Hiro : Je l’ai préparé durant le premier confinement. Au début c’était dur car, durant les premiers mois, on n’avait pas le droit de sortir. La musique, c’est vraiment le seul exutoire que j’ai dans ma vie. C’est ma seule passion.

J’ai appelé l’album Afro romance parce que je suis un chanteur issu de la scène afro-urbaine depuis 2007 avec mon groupe Bana C4. Je suis aussi un chanteur d’amour. « Afro romance », c’est le titre qui me correspond le plus.

Comment s’est passée la collaboration avec les artistes qui vous accompagnent dans l’album (Koba LaD, Jok’Air, Lynda, Bramsito…) ?

Il y a des artistes avec lesquels on s’est écrit sur Instagram. Avec Teni que j’ai rencontré au Nigeria, on s’est parlé. Je lui ai dit que j’aimais ce qu’elle faisait et elle aussi. A un moment donné, je me suis retrouvé avec trop de « oui ». Du coup, je me suis retrouvé avec dix featurings (rires).

Quelles sont les critiques que vous avez reçues depuis la sortie de l’album ?

Les critiques, elles se situent plus du côté de mon public de base. L’album est beaucoup plus urbain. Dans mon son « Dea-leur » avec Jok’Air, les gens n’avaient pas l’habitude de m’écouter dessus. J’ai voulu faire une musique qui me ressemble tout autant parce que je suis né en France, j’ai grandi en Europe. Dans cet album, il y a vraiment les deux influences à la fois africaines et françaises. Et c’est vrai que mon album est un peu plus pop que les précédents.

Le clip de la chanson éponyme de l’album.

Cette année sans concerts et sans partage avec le public, comment l’avez-vous vécue ?

C’était dur. Comme je le disais, ma seule passion c’est la musique. Du coup, c’était très compliqué. Au début, je me suis dit comme je sortais d’un concert à l’Olympia et que j’ai fait beaucoup de voyages, ça me permettrait de me reposer un peu. Puis finalement, ça a duré presque deux ans. À ce moment-là, tu te poses des questions. Tu as des doutes sur l’avenir, tu fais de l’anxiété. Bref, c’était vraiment compliqué. Surtout que nous les artistes, on n’a pas vraiment été aidés.

“Je veux être l’un des premiers artistes africains à produire sa propre tournée.”

Hiro

Prévoyez-vous une tournée en Afrique après la sortie de l’album Afro romance ?

Oui on est en cours de discussion sur plusieurs dates. On a envoyé des dates au Togo et aux Comores. On discute sur d’autres pays. Mon plus gros projet, c’est de parcourir l’Afrique. Je cherche d’ailleurs à produire ma tournée comme le font Drake ou Soprano. Je veux être l’un des premiers artistes africains à produire sa propre tournée. Ce serait un très gros défi pour moi.

Après quelques années au sein du groupe Bana C4 et déjà trois albums solos (De la haine à l’amour, Erratum, Afro romance), quels regards portez-vous sur votre carrière ?

Je trouve que ce n’est pas vraiment une carrière musicale. Je pense que c’est le chemin d’un homme avec des échecs et des défis. Des victoires aussi. Depuis Bana C4, j’ai toujours connu l’indépendance. Soit on se produisait nous-même, soit on était avec Bomayé Musik. C’est le cursus d’un entrepreneur. Parfois, il y a des trucs qui marchent mieux que d’autres. Mais je suis fier, car aujourd’hui, j’ai plus de dix ans de carrière. Alors que certains membres du groupe ont arrêté leur carrière, moi, je suis imaginatif, toujours au studio, toujours frais.

“Mes rêves d’enfant, ça a toujours été que ma famille se porte bien. Aujourd’hui, c’est le cas grâce à Dieu.”

Hiro

A maintenant 30 ans, avez-vous toujours des rêves d’enfant que vous voudriez réaliser ?

Je suis quelqu’un qui craint le manque dans la vie. Mes rêves d’enfant, ça a toujours été que ma famille se porte bien. Aujourd’hui, c’est le cas grâce à Dieu.

Parlez-nous de la fondation Ozali. Quel est son but et comment avez-vous décidé de vous investir ?

Le but de cette association, c’est la réappropriation culturelle. Aujourd’hui, je trouve ça regrettable que nos enfants ne connaissent pas les héros qui ont œuvré pour l’Afrique. L’idée, c’est de créer des bibliothèques dans des écoles, dans les villages… On veut aussi travailler dans tout ce qui est structurel, faire plus que simplement ramener des sacs de riz. On veut faire quelque chose qui permette aux gens de vivre, faire à manger. On veut aussi aider les femmes qui ne peuvent pas à aller au travail ou à l’école parce qu’elles ont leurs règles.

J’avais déjà fait des actions au Gabon, à Kinshasa et en Côte d’Ivoire. C’étaient surtout des dons pour des arbres de Noel.

Un dernier mot pour vos fans ?

Je les aime. Je les remercie pour leur soutien. Comme je le dis souvent, le meilleur reste à venir !

Photos : Aubin Menestret.

Directrice artistique : Malou Okumu Kgrave.

Styliste : Tina Lobondi.

Maquillage : Merveille Biole.

Hiro est habillé par Emanuel Lungaro Paris et Men’s Shoes.

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