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NIX

Il est l’une des valeurs sûres du rap sénégalais. Originaire de Dakar, Nix a déjà derrière lui une carrière riche de près de 20 ans. De la sortie de son premier album Black Crystal en 2003 à la création de son label Deedo Records, le rappeur a accumulé les projets, tout en collaborant avec des artistes de prestige. 

Dans cette interview accordée à ESIMBI Magazine, Nix nous parle de son parcours, son dernier EP Virgo, son label Deedo Records et de ses projets.

Interview réalisée à L’Afrodisiac Restaurant de Paris.

ESIMBI Magazine : Comment est née votre passion pour la musique ?

Nix : C’est un univers dans lequel j’ai grandi. Mes oncles, mes frères et ma mère étaient des gros mélomanes. Il y avait toujours de la musique à la maison. Avec des cousins et des tontons qui revenaient des Etats-Unis, on regardait des clips de rap américain en cassettes vidéo. C’est là que j’ai nourri ma passion pour la culture hip-hop.

Qui sont les artistes qui vous ont donné envie de faire de la musique ?

Il y a la première génération de rap français avec Assassin, NTM, IAM etc. Puis aussi les premières générations de rap américain avec Snoop Dogg, Jay-Z, Notorious BIG…

Vous avez sorti votre premier album Black Crystal en 2003. Quel(s) souvenir(s) gardez-vous de cette expérience ?  

De très bons souvenirs, car c’était un album que j’ai enregistré sans perspective. Je n’avais pas les moyens pour la promo, les affiches etc. J’avais zéro attente. J’avais juste envie de faire cet album sans savoir ce que j’allais devenir deux ans après. Je ne savais pas si j’allais avoir envie de faire encore de la musique. En plus, comme je venais de me séparer de mon groupe (donner le nom), c’était comme un défi pour moi. J’ai d’abord sorti un single qui s’appelle Tout c’que j’ai où je parle de mon amour pour la musique etc. Et en vérité, ça a été le déclic parce que ce morceau, même s’il est purement hip-hop, est devenu une sorte de hit au Sénégal. Ça m’a poussé à construire mon album et à le sortir. J’étais vraiment un artiste indépendant à l’époque. Ce premier album m’a boosté pour la suite de ma carrière.

Vous avez collaboré avec des artistes comme Disiz la Peste, Oxmo Puccino, Wyclef Jean, Jerry Wonda ou encore Daara J Family. Quels rapports entretenez-vous avec ces artistes et comment s’est faite la collaboration ?

Avec Oxmo Puccino, c’était une connexion de Jean-Pierre Seck (ancien rédacteur en chef du magazine de rap français L’Affiche). Il m’a présenté Oxmo et on a gardé le contact. Disiz la Peste, c’était une connexion avec un ami à moi de Paris, Etienne. Il était venu à Dakar avec Disiz pour un album qu’il préparait. Disiz a voulu que je participe à l’un de ses clips. Ensuite, quand j’étais à Paris, on a collaboré ensemble sur des morceaux. Avec Wyclef, on s’est rencontré à Dakar. Ça s’est fait au feeling. Il a écouté ce que je faisais et m’a proposé qu’on aille en studio. Je n’allais pas dire non (éclat de rire) ! C’est un artiste super humble, très talentueux. Il est impressionnant en studio. Il s’éclate dans la création.

En 2020, vous avez monté votre propre label Deedo Records. Pouvez-vous en dire plus et pourquoi avoir attendu 2020 pour fonder un label alors que vous étiez déjà un artiste indépendant ?

Ce n’est pas le premier projet que je monte. Déjà en 2015, j’ai monté un label qui s’appelait African Victory avec un associé à Dakar mais ce n’était pas allé très loin. Nos visions n’étaient pas très alignées. Entre temps, j’ai monté Deedo, la plateforme de streaming et je me suis dit : maintenant que j’ai les outils pour pouvoir distribuer les artistes, les produits etc. Eh bien, je peux créer un label. D’où la création du label indépendant Deedo Records. En vérité, ce n’est pas difficile de créer un label mais il faut le faire fonctionner. Du coup, j’ai préféré prendre mon temps et faire les choses vraiment petit à petit.

Comment repérez-vous vos talents ?

Moi, j’ai cette fibre à l’ancienne. C’est-à-dire que je tombe sous le charme d’un vrai talent pur. Je ne suis pas quelqu’un qui est forcément impressionné par le buzz, ce n’est pas ça qui m’intéresse. Je vais surtout aller chercher des artistes qui ont un vrai talent brut et les faire travailler, donner un peu plus d’envergure à ce qu’ils font. Ce talent brut, ça peut-être par exemple : sa voix, son talent de producteur, son flow, ses lyrics… J’ai quand-même la chance d’être entouré de très bons compositeurs, producteurs, directeurs artistiques, artistes etc.

Vous avez sorti votre dernier EP Virgo le 22 décembre 2020. Pouvez-vous en dire sur le sujet ?

« Virgo » signifie « Vierge ». C’est d’ailleurs mon signe astrologique. J’ai trouvé intéressant de m’appuyer sur cela parce que je suis de signe vierge. Et comme le projet traite de ma relation avec les femmes, j’ai trouvé intéressant de l’intituler ainsi. En plus, ça m’a permis de m’éclater d’un point de vue création. On a aussi fait un court-métrage qui s’inspire de l’EP.

Vous ouvrez des portes à la drague…

Non parce que ça reste de l’art ! Il y a un fond de vérité c’est sûr, mais ça reste de l’art. Quand je fais un projet comme ça, je ne calcule pas. Je me dis qu’on veut créer quelque chose. On se donne les moyens de le faire, on y va à fond sans vraiment se juger. Et ça donne le résultat que ça donne. En tout cas, mon court-métrage est un film très « dark ».

Quelle est la suite de vos projets ?

Je vais continuer la promotion du projet, faire d’autres concerts. J’ai déjà fait un premier concert à Dakar et au Forum des Images de Châtelet-les-Halles à Paris. J’ai aussi un album en préparation.

Quel est l’artiste avec qui vous rêveriez de chanter en duo dans un album ou un concert ?

Jay-Z pour sa carrière et sa longévité. Quand tu regardes le visuel de son premier album Reasonable Doubt (1996), le son, l’image… Tout est encore d’actualité aujourd’hui. Pour moi, il avait déjà 20 ans d’avance. Aussi, il fait preuve d’une grande maturité artistique. Ses couplets sont légendaires. Il inspire les noirs aux Etats-Unis. C’est quelqu’un qui a réussi, qui a beaucoup aidé sa communauté, il s’est marié avec Beyoncé… Bref, Jay-Z c’est une icône. Pour moi, faire un morceau avec lui, ce serait au-delà de faire de la musique. Ça voudrait dire quelque chose symboliquement.

NIX. Photo : Badara Preira.

” Faire un morceau avec jay-z serait au-delà de faire de la musique.”

NIX.

Pour finir, comment la communauté qui vous suit et vous écoute peut continuer à vous soutenir ?

En soutenant les projets qu’on essaie de mettre en avant. C’est-à-dire, s’abonner à notre plateforme de streaming, télécharger l’application Deedo, la plateforme de streaming. Elle est disponible partout en Afrique.

L’interview talk de NIX pour Esimbi Magazine :

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