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Tiffany Kalema, entrepreneuse et fondatrice du restaurant “L’Afrodisiac”

Mariée et originaire de la République Démocratique du Congo, Tiffany Kalema est entrepreneuse et fondatrice du restaurant africain “L’Afrodisiac” qui se situe dans deux adresses : l’une au 2 rue Thorel dans le 2e arrondissement de Paris et l’autre au 38 rue Victor Basch à Viry-Châtillon dans l’Essonne.

Dans cette interview pour ESIMBI Magazine, la gérante nous raconte son parcours, sa vision de l’entrepreneuriat et donne des conseils aux jeunes femmes qui, comme elle, souhaitent se lancer dans cette grande aventure.

Tiffany Kalema, gérante et fondatrice de L’Afrodisiac Restaurant. Photo : Stanley Studio.

ESIMBI Magazine : Pouvez-vous faire une présentation de vous et de votre parcours ?

Tiffany KALEMA : : Je m’appelle Tiffany Kalema et je suis originaire de la République Démocratique du Congo. Je suis née et j’ai grandi en banlieue parisienne avec ma mère et mes quatre frères et sœurs. Je reste très attachée à l’Afrique et la RDC même si je n’y ai pas vécu. J’ai fait mes études primaires et secondaires dans le 94 (Val-de-Marne) près de Créteil.

Je suis titulaire d’un BTS en Management des Unités Commerciales. Je me suis lancé dans l’entrepreneuriat à 20 ans en reprenant un salon de coiffure avec mon frère en parallèle de mes études. Ensuite, j’ai ouvert mon premier restaurant africain à 25 ans. Ce restaurant n’a pas obtenu le succès escompté mais je suis revenu deux ans après sa fermeture avec le premier restaurant du concept l’Afrodisiac Restaurant en 2014. Aujourd’hui, je suis à la tête de deux restaurants du même concept. A part ça, j’ai également quelques années d’expériences dans les services commerciales de banques et assurances. J’investis dans l’immobilier depuis plus de cinq ans et j’aimerais me lancer dans le coaching pour aider d’autres femmes à se lancer.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans l’entrepreneuriat dès l’âge de 20 ans ?

Je viens d’une famille d’entrepreneurs. Ma mère a tenu une boutique d’alimentation exotique pendant plus de dix ans. Mes grands-frères entreprennent également. Même mon mari est un grand entrepreneur, son père l’est également. Il faut croire que ça a joué dans notre union.

D’où vous est venue l’idée de créer le restaurant “L’Afrodisiac” ?

Une malheureuse expérience dans un restaurant africain en 2008 m’a ouvert les yeux. C’était la première fois que j’allais dans un restaurant africain, j’avais 23 ans. La nourriture était bonne mais tout le reste (attente, service, décor, présentation, propriété…) n’y était pas. Je ne connaissais pas forcément tous les codes de la restauration mais je savais que je n’étais pas du tout satisfaite et ce n’était pas le fonctionnement normal d’un restaurant. C’est là que j’ai réalisé en me renseignant qu’il avait beaucoup de restaurants africains qui n’étaient pas convenables. Je suis épicurienne, j’aime la nourriture et j’adore recevoir des gens et les voir heureux de vivre l’expérience que je leur ai concoctée. D’ailleurs, je fais moi-même à manger. En plus, j’aime la décoration. Tout était réuni pour que je me lance dans le milieu.

En tant que femme d’origine africaine, c’était facile de créer votre entreprise si jeune ?

La création d’une société n’est pas forcément liée au genre et à l’origine. Les problématiques principales sont les mêmes : le financement, la prise de risque, le bon projet. Je retiens surtout la difficulté administrative en France. Je pense que c’est plus une question de mentalité. Il faut être un peu fonceur pour se lancer jeune et je pense que j’avais cette fougue et ce « rien ne m’arrête » de la jeunesse mais que ne pas lâché depuis.

Pouvez-vous présenter “L’Afrodisiac” pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas ce restaurant ?

L’Afrodisiac Restaurant est une chaîne de restaurants reconnaissables par trois principales caractéristiques :

  • Une cuisine africaine traditionnelle
  • Un cadre afro-chic et chaleureux
  • Une excellente qualité service

Les restaurants L’Afrodisiac ont toutefois la particularité de proposer une offre adaptée à la demande locale. Ainsi, chaque restaurant propose une carte de plats et une offre de service singulières. Le décor reste toutefois reconnaissable et la qualité de service ne déroge pas à la règle de l’excellence. Pour connaitre l’Afrodisiac Restaurant, il faut venir l’expérience sur place.

Quelles sont, selon vous, les qualités requises pour monter sa propre entreprise ?

Je vais parler de moi donc c’est forcément subjectif. Il faut être fonceur, rigoureux, perfectionniste et avoir l’âme d’un guerrier. Ne pas aimer l’échec afin de donner le maximum pour réussir. Mais il ne faut pas en avoir peur non plus car l’échec est très formateur, il nous enseigne et nous rend plus fort. Il faut toujours être focus sur ses objectifs, être très rigoureux et savoir transmettre cette rigueur à ses employés. Evidement, il ne faut pas oublier le côté humain, être altruiste, mettre un peu de l’affect, être comme une maman. Cela ne veut pas dire être trop gentille ou laxiste. Il faut avoir le juste milieu.

“Pour monter sa propre entreprise, il faut être fonceur, rigoureux, perfectionniste et avoir l’âme d’un guerrier.”

Tiffany Kalema.

Quels conseils donnez-vous à des jeunes femmes qui souhaitent se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat ?

L’entrepreneuriat, quelque part, équivaut à sauter dans le vide. On ne peut jamais savoir si ça va marcher ou pas. Donc, si vous vous attendez à une science exacte pour vous lancer, ça n’arrivera jamais. Vos peurs sont vos limites. Cela étant dit, il faut quand même être préparée, même psychologiquement. Il faut ficeler son plan sur papier : business plan et autres. Une fois que c’est fait, il faut foncer et commencer par matérialiser les choses même par des petites actions qui vont rendre le projet de plus en plus concret. 

Site web : L’Afrodisiac Restaurant.

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