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Les créateurs Africains au premier rang avec le digital 3D

Qui aurait cru que le monde connaitrait une pandémie qui mettrait tous les pays en quarantaine en 2020 ? Avec des pertes humaines dont nous avons tous été témoins, les économies ont pris de grands coups, en plus de nombreuses entreprises qui continuent à faire faillite. En Angleterre par exemple, on observe la liquidation de plusieurs boutiques et marques de renommées telles que Oasis, TM Lewin, ou encore Warehouse. Qui ont été placées sous liquidation judiciaire pendant que d’autres ont complètement fermés leurs portes.
Souvenez-vous que les prédictions médiatiques au début de la crise étaient telles que l’Afrique ne survivra pas à cette pandémie ? Qu’il y’aura beaucoup plus de pertes humaines à cause de notre manque d’infrastructure et d’instabilité financière ? Alors ma curiosité est de savoir comment notre industrie de la mode en Afrique a géré cette crise ? Considérant qu’elle est souvent négligée, comment certains Stylistes se sont-ils démarqués ? Quelles leçons pouvons-nous en tirer ? Et quel rôle occuperons-nous dorénavant ?  

Par Cecile Essono

aNIFA mVUEMBA.

Les stylistes africains ont pris cette opportunité pour démontrer leur talent 

En Mars, dès la mise en place de la quarantaine, Je me souviens avoir été prise de choc et en même temps intrigué de voir ce que deviendra le monde. Qu’allait-il devenir des entreprises ? Des employés ? Des stylistes qui préparaient leurs collections ou ces entrepreneurs qui comptent strictement sur leurs boutiques pour faire du revenu et vivre au jour le jour.

À notre grande surprise, certains stylistes d’origine Africaine ont pris cette opportunité pour démontrer leur talent. Prenons l’exemple d’Anifa Mvuemba, créatrice de la marque Hanifa, originaire du Congo, vivant aux États-Unis. Elle nous a donné un spectacle vraiment innovant sur nos petits écrans via Instagram. Elle a introduit sa collection avec un documentaire sur le Congo et la surexploitation de ses ressources minérales. Les guerres que ces forces capitalistes occidentales y crées, qui ensuite engendrent la souffrance des populations et terrorisent les villageois innocents.

Je me souviens avoir été prise d’émotions face à ce mini documentaire que vous pouvez encore regarder sur sa page Instagram. Sa collection a introduit des mannequins 3D sans visage. Par la démarche de ces mannequins digitales tellement réalistes, on se croyait face à des femmes noires aux formes pulpeuses. Et pour la première fois, je me suis senti représentée sur un podium virtuel. Sans aucune mimique ou mise en scène exagérée, juste des femmes presque palpables en 3D.

Sa collection vibrante a connue un succès international en ces temps où nous étions tous collés sur les réseaux sociaux. Et depuis, ses vêtements ont été portées par de nombreuses célébrités, telle que Zendaya, et plus récemment par Tracee Ellis Ross pour le magazine Elle.

emmy kasbit

Pour présenter leur collection d’été, ils utilisent des mannequins virtuels 3D

Un autre style qui se démarque durant ces derniers mois, c’est Emmy Kasbit à Lagos au Nigeria, sur la platform Ditto Africa. Marque reconnue pour ses lignes simples mais structurées qui met toujours beaucoup d’ampleur sur la réinvention et réinterprétation du vintage Africain.

Pour présenter sa collection d’été, ils utilisent des mannequins virtuels 3D aussi. Parés d’ensembles en Aso-oke, qui défilent dans un marché central populaire à Idumota, que j’ai eu la chance de visiter à mon dernier passage à Lagos.

Enfin, Christie Brown, créatrice de mode ghanéenne, basée à Accra, dont les créations m’ont toujours fascinés. Spécialiste des vêtements Africains, elle fait du prêt-à-porter et du sur-mesure. Elle nous fait aussi une surprise avec une vidéo haute définition personnalisée où elle met en avant sa collection présentée par un joli modèle au teint d’ébène, d’une élégance majestueuse.

Au final, l’industrie créative Africaine a souvent été marginalisée. Mais il a fallu une crise mondiale pour nous faire réinventer notre génie et prouver au monde que la mode noire et Africaine doit être prise au sérieux. On est en effet capable de produire des vêtements hauts de gamme si on est mis au même pied d’égalité que le reste du monde.

Christie Brown ghana

Une avance technologique et une audience réceptive ont prouvé que ces facteurs sont nécessaires pour l’évolution de la mode africaine pour continuer à promouvoir notre culture en occident.

Et finalement, on constate aussi une jeune audience qui commence à comprendre l’importance de partager nos accomplissements sur les réseaux sociaux.

Avec le temps, cela fera naître d’autres opportunités financières pour les créateurs Africains. Que ces derniers deviennent des noms de renommés et soient accordés une place pour concourir dans le monde du luxe qui jusqu’à présent était réservé aux producteurs Européens.

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